La primaire, assistance respiratoire d'un parti à l'agonie
Un parti organise un scrutin, des militants font la queue, et au bout du guichet attend l'homme qui voulait fermer la boutique. La démocratie interne a parfois un goût d'ironie très noire.
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La vie politique française, ses acteurs et ses coulisses — vus d'un peu plus haut.
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Un parti organise un scrutin, des militants font la queue, et au bout du guichet attend l'homme qui voulait fermer la boutique. La démocratie interne a parfois un goût d'ironie très noire.
Un animal blessé ne réfléchit pas, il mord. La vie politique française traverse une saison où l'on confond un peu trop souvent la morsure avec le débat.
Écartèlement, disait-on. Aujourd'hui, on appellerait plutôt cela une chorégraphie : le pouvoir promet un cap le matin et son contraire l'après-midi, avec le sourire.
Trente ans que l'on transfère des compétences sans transférer les moyens. La décentralisation française est un déménagement dont on garde soigneusement les clés.
S'opposer est un travail à plein temps dont personne n'a jamais écrit la description. On sait très bien ce qu'il faut refuser ; on attend encore les propositions.
Tout le monde est pour la souveraineté du peuple, à condition de savoir à l'avance comment il votera. Le référendum n'a jamais été aussi populaire qu'au moment où il devient inutile.
On ne consulte pas pour décider, on consulte pour attendre. La concertation est devenue la forme la plus polie du report — et personne ne peut s'y opposer sans avoir l'air brutal.
On change les visages, jamais les dossiers. Le remaniement est une manière élégante de faire croire à un tournant en déplaçant les mêmes personnes d'un étage à l'autre.