Déclarer la guerre, un art qu'on a perdu
Il fut un temps où la guerre commençait par une phrase. Elle commence aujourd'hui par un silence, une réunion, un accord dont on ne connaît pas les termes.
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Il fut un temps où la guerre commençait par une phrase. Elle commence aujourd'hui par un silence, une réunion, un accord dont on ne connaît pas les termes.
Deux acronymes se sont installés dans le débat public sans qu'on sache bien ce qu'ils mesurent. Leur vague constitue un excellent moteur commercial, et un piètre outil de pensée.
Des laboratoires réclament un bouton d'arrêt pour leurs propres machines, ce qui devrait rassurer. Le vrai problème est ailleurs : personne ne sait encore qui aurait le droit de l'actionner.
Tout le monde est pour l'ouverture, à condition que ce soit la sienne. On a donc inventé un mondialisme à péages — libre circulation pour les idées, tarifs douaniers pour le reste.
Tout le monde invoque le droit international, et personne ne s'y soumet volontiers. Il a les défauts de sa force : il n'en a aucune, sauf la mauvaise conscience de ceux qui l'enfreignent.