L'éditorial confondu avec l'information
L'éditorial avait un mérite : il s'annonçait comme une opinion. En se glissant dans les colonnes de l'information, il a perdu son étiquette sans perdre sa force — et personne ne sait plus qui parle.
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Information, désinformation, et tout ce qui flotte entre les deux.
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L'éditorial avait un mérite : il s'annonçait comme une opinion. En se glissant dans les colonnes de l'information, il a perdu son étiquette sans perdre sa force — et personne ne sait plus qui parle.
On se souvient très bien du scandale. Du jugement, beaucoup moins. Ce n'est pas un défaut de mémoire — c'est une organisation du temps.
S'informer à une seule source est reposant : on ne découvre jamais qu'on se trompait. C'est aussi la manière la plus économique de se construire une vision du monde fausse.
Il y a désormais plus de causes justes que de place dans une journée. Alors on fait la queue, poliment, en attendant que la précédente ait fini d'être scandaleuse.
Beaucoup de lecteurs ne lisent que les titres, et beaucoup de titres en tiennent compte. Résultat : une information exacte dans le texte, une idée fausse dans la tête — et personne n'a menti.
Le sondage n'est plus un outil pour comprendre l'opinion, c'est devenu un spectacle pour la commenter. On ne mesure plus ce que les gens pensent : on mesure ce qu'ils pourraient penser d'un événement qui n'a pas eu lieu.
Le direct donne le sentiment d'assister à l'événement, alors qu'il en montre surtout la surface. On gagne en présence ce qu'on perd en compréhension.