Déclarer la guerre, un art qu'on a perdu
Il fut un temps où la guerre commençait par une phrase. Elle commence aujourd'hui par un silence, une réunion, un accord dont on ne connaît pas les termes.
Rubrique
Essais, tribunes, débats de fond.
13 articles
Il fut un temps où la guerre commençait par une phrase. Elle commence aujourd'hui par un silence, une réunion, un accord dont on ne connaît pas les termes.
Les systèmes qui rédigent le monde apprennent désormais sur leurs propres productions. La panne ne viendra pas d'un bug visible, mais d'une dégradation que rien, dans les tableaux de bord, ne saura montrer.
Confier une embauche à un algorithme n'élimine pas le jugement humain, il le dissimule. Derrière le « score objectif » se cache une décision comme les autres, mais désormais sans auteur.
Deux acronymes se sont installés dans le débat public sans qu'on sache bien ce qu'ils mesurent. Leur vague constitue un excellent moteur commercial, et un piètre outil de pensée.
On confond deux exigences que tout oppose : donner à chacun la même chose, et donner à chacun ce qui lui revient. La première est simple, mesurable, et souvent profondément injuste.
Des laboratoires réclament un bouton d'arrêt pour leurs propres machines, ce qui devrait rassurer. Le vrai problème est ailleurs : personne ne sait encore qui aurait le droit de l'actionner.
Un mouvement social peut-il renaître en rejouant son propre décor sans reformuler ses revendications ? Une lectrice qui a arpenté les ronds-points d'autrefois s'interroge sur ce théâtre de la répétition.
Les robots humanoïdes n'ont besoin ni de conscience ni de raisonnement : il leur suffit de coûter moins cher qu'un salaire. Voilà le seuil qu'on ne discute jamais.